Chroniques passagères.



11.08.11//20:18

Nouveau plan Fillon : cette manière magique de faire des économies.

Fillon a donc annoncé comme prévu hier un nouveau plan de “rigueur”. Quand je l’ai lu pour la 1ère fois, vous savez quoi ? J’ai ri. Oui, j’ai ri. Ri de l’incompétence sans cesse démontrée de notre gouvernement. Peut être était-ce aussi un rire nerveux en pensant à la longue et continue descente aux enfers que la France va continuer de connaître.

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Avant de décrypter le-dit plan, posons d’abord un minimum de contexte. Nous sommes dans une crise de la dette souveraine : les dettes publiques sont trop importantes, nos créditeurs font de moins en moins confiance aux Etats dans leur capacité de rembourser leur dette. La Grèce subit de plein fouet cette crise. Mais quand on regarde bien, en France, on est dans une situation très similaire : nous avons une dette de plus de 1700 milliards d’€, et chaque année les déficits sont énormes, en 2010 il avait atteint la coquète somme de presque 150 milliards d’€. La seule différence avec la Grèce, c’est qu’on a une économie plus solide, et que les gens paient encore leurs impôts. Mais jusqu’à quand ? On aurait donc pu honnêtement attendre que pour enrayer la crise, le gouvernement cesse de dépenser plus qu’il ne gagne pour ainsi commencer à rembourser sa dette. Ou au moins qu’il cesse de la faire augmenter.

Dans les faits, est-ce que ce plan remplit cet objectif ? Non. C’est clair. En 2012, il ne permettra de réduire le déficit que de 7 milliards. 7 pauvres, petits, ridicules, milliards, à comparer aux 150 milliards de déficit de l’année dernière et aux 1700 milliards de dette. LOL.

Vous remarquerez que je n’ai pas dit que le plan permettra de faire des économies, comme beaucoup de media ont pu abusivement le dire. En effet, de quoi le plan se compose-t-il ?

Déjà, pas moins de 5,2 milliards sur les 6,9 au total proviennent de hausse d’impôts, soit 75%. Je l’ai déjà dit ici et je le répète, l’Etat prélève déjà 44,5% de la richesse nationale chaque année, alors toujours plus d’impôts STOP. Hausse du taux réduit de la TVA, hausse de l’impôt sur les entreprises, hausse des prélèvements forfaitaire libératoire sur les dividendes et les intérêts, suppression de niches fiscales (ce qui revient à une hausse d’impôt) : au moins le mal causé va être réparti : les hausses d’impôts vont à la fois miner le pouvoir d’achat, la compétitivité des entreprises, et les sources de financement. Tout ce qu’il faut pour sortir de la crise. Parfait.

A côté de ça, le reste du plan prévoit des baisses des dépenses, youpi, ils ont enfin compris que c’était la seule réelle solution pour stopper les déficits et commencer à rembourser la dette !! …. …. ah non. En fait, le reste du plan ce n’est qu’un ralentissement de la hausse de certaines dépenses (Les prestations familiales et les aides au logement “ne seront revalorisées que” de 1%). Hé oui. Pour Fillon et les principaux media français, augmenter les dépenses mais moins vite, ça revient à faire des économies. C’est magique cette manière d’utiliser les mots, comme ça. Comment ? Vous trouvez que c’est se moquer du monde ? Oui, c’est à peu près ça.

Bon, je suis mauvaise langue, il y a bien des économies dans ce plan. 500 millions d’économie sur le train de vie de l’Etat. 500 millions sur un plan de 6,9 milliards, c’est 7% du total. 7% de ce plan consiste bien en une économie. Moi j’dis bravo.

En fin de compte, l’objectif est de passer sous la barre des 100 milliards de déficit en 2012. Encore une fois, on retrouve le côté magique des choses : pour Fillon, dépenser un peu moins de 100.000.000.000€, c’est faire des économies. C’est comme si quelqu’un avec un énorme découvert dépensait malgré tout 15.000€ et que le lendemain, en dépensant 10.000€, il avait fait des économies. C’est magique j’vous dis.

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Bref. Je pourrais aussi parler des ridicules réactions du PS, à base de "dilapidation du modèle social français". Un plan de 7 milliards d’€ qui tue le "modèle social français" (que le monde nous envie, bien sûr), ça prête franchement à sourire. Ainsi, pour le PS, le modèle social français ne peut consister qu’en une aggravation forte et continue des déficits d’années en années. Ça ne présage que du bon pour l’alternance en 2012, c’est certain.

Ce pays est foutu.®

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11.06.11//17:30

Sarkozy, ce socialiste.

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Oh, ne faites pas cette tête. Oui, je sais, en ces temps où on ne cesse de se servir du “turbo-ultra-néo-libéralisme” et des “marchés financiers dérégulés apatrides” comme supposés responsables de la crise actuelle, dire que Sarkozy, “l’ami des riches”, est un socialiste, ça va faire hérisser les poils de nombre d’entre vous. Mais non, j’insiste, Sarkozy depuis qu’il est au pouvoir a bien mené une politique socialiste. Il est de droite certes, mais c’est un socialiste de droite. Oui oui. Voilà pourquoi en quelques exemples.

Le socialisme repose sur la vision d’un Etat fort, vu comme clairvoyant, capable de prendre en charge des secteurs que la société civile est supposée malhabile à gérer, susceptible d’intervenir dans l’économie pour lutter contre les supposés travers de l’économie de marché. L’intervention de l’Etat serait garante de la croissance et de l’emploi. Cette vision se fonde aussi sur le keynésianisme (de l’économiste Keynes) qui veut que l’Etat, par ses dépenses, par son dirigisme, puisse réguler l’économie et la soutenir quand elle va mal. Or tout ceci n’est il pas exactement ce que Sarkozy a fait durant son mandat ? Par son plan de relance budgétaire suite à la crise de 2008, par les subventions généreusement versées à toute une variété d’entreprises, par moultes régulations et rigidités imposées au secteur privé, Sarkozy a fait du socialisme son plan de bataille constant durant son mandat. Aujourd’hui on envisage même sans honte de nationaliser les banques, c’est dire le degré de socialisme qui a atteint la classe politique dirigeante.

Les sociétés du CAC40 sont les premières bénéficiaires de ces largesses étatiques. En effet, elles profitent, pêle-mêle :
- Des concessions d’Etat qui accordent des permis d’exploitation de ressources rares, ou prétendues telles, à un nombre limité d’entreprises (ex : oligopole des télécommunications, des sociétés minières, des concessions autoroutières ou ferroviaires)
- Des privatisation de monopoles publics qui leur font hériter de fait d’une position dominante sur le marché
- Des appels d’offre des marchés publics qui sont tout sauf objectifs et qui ne profitent qu’aux entreprises les plus influentes
- Des sauvetages arbitraires par l’argent du contribuable quand elles sont en difficulté (secteur bancaire ou automobile par exemple). Outre la légitimité douteuse (pourquoi tous les contribuables devraient ils payer pour les erreurs de certains ?), cela enlève alors tout sens de la responsabilité à ces entreprises (pourquoi faire des efforts si en fin de compte on sait que l’Etat va nous sauver ?).
- etc…….

La continuation de la politique de la PAC, la politique agricole commune, est à ce titre symbolique du socialisme ambiant dans lequel on vit : l’agriculture française est aujourd’hui un secteur massivement subventionné. Ces subventions sont financées par le reste de l’économie qui en plus de devoir payer cette charge, doit également financer l’administration tentaculaire qui l’accompagne. Et à chaque problème, les agriculteurs viennent pleurer auprès du gouvernement pour recevoir toujours plus d’argent gratuit, on l’a encore vu cet été. Non seulement Sarkozy ne fait rien contre cette situation ubuesque, mais il la défend corps et âme : "Je le dis clairement, je suis prêt à aller à une crise en Europe plutôt que d’accepter le démantèlement de la politique agricole commune".

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L’emprise directe de l’Etat sur l’économie est immense. Des pans entiers sont complètement verrouillés : ce sont des monopoles de l’Etat, jugeant que la société civile n’est pas capable de s’en occuper toute seule. L’éducation, la santé, et la retraite sont des monopoles publics, avec des résultats et une efficacité qu’on connaît. Outre ces monopoles d’Etat, les politiques clientélistes verrouillent des métiers : taxis, huissiers, pharmacies, etc… A quand un numerus clausus sur les boulangeries ? …Comment ? Ce serait absurde et cela entrainerait des pénuries ? Supprimons tous les numerus clausus alors, il n’y a pas de raison de faire des exceptions. Bref, certes Sarkozy n’a pas créé cet Etat envahissant, mais il l’a perpétué, comme tout bon socialiste.

L’Etat n’a plus de limites. Il s’immisce dans chacun des aspects de nos vies, jusque dans nos assiettes ! "Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop salé, trop  sucré", "5 fruits et légumes par jour", "Fumer tue", interdiction des pubs pour l’alcool à la télé, etc…. On se demande bien comment l’humanité a pu faire pour survivre jusqu’ici avec tous ces affreux dangers, sans la chaude protection de l’Etat nounou. Comme l’explique bien Matthieu Laine, le citoyen infantilisé et déresponsabilisé se verra-t-il bientôt inscrit sur ses barres chocolatées "le sucre fait grossir" ou sur ses maternités "naître fait mourir" ?

Souvent, les personnes qui dénoncent le soi disant libéralisme du gouvernement citent cette règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur 2, qui était un des thèmes majeurs de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais dans les faits, qu’en est il ? En 2009, les effectifs cumulés des trois versants de la fonction publique (Etat, territoriale et hospitalière) ont augmenté de 0,1% sur un an (5.600 postes) selon le rapport sur l’état de la Fonction publique 2010-2011. Ce résultat s’explique notamment par le fait que la fonction publique territoriale (34% des effectifs) a continué à créer des emplois (+35.000) comme l’hospitalière (+15.000). La politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur 2 de Sarkozy est donc un effet de fumée. Et de toute manière, elle n’est pas adaptée : il ne s’agit pas de détruire un emploi public sur 2 de manière unilatérale et arbitraire, mais d’adapter les suppressions de postes en fonction de l’utilité réelle de chaque branche.

Si on regarde de manière plus globale les chiffres du nombre de fonctionnaires, c’est encore plus incroyable : selon un rapport de la Cour des Comptes, les effectifs de l’ensemble de la fonction publique française ont augmenté de 36 % entre 1980 et 2008, alors que l’emploi total en France progressait deux fois moins vite (18 %).

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Ce tableau, tiré d’un rapport de la DGAFP (Direction générale de l’administration et de la fonction publique), nous montre le poids de la fonction publique : 20,1% de l’emploi total, soit un emploi sur cinq. Et en ajoutant les autres catégories citées ci-dessus on atteint 26,2%, soit plus d’un emploi sur quatre !! Une travailleur sur 4 qui vit sur le dos de la collectivité, tout va bien. Surtout que l’administration française, c’est vraiment du high level, des prestations au top. (vous en avez un triste et malheureusement très représentatif exemple ici)

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Évidemment, toutes ces largesses de l’Etat ont un coût… et pas des moindres. On a beau hurler quant aux baisses d’impôts accordées aux plus riches, le taux global de prélèvements obligatoires est toujours aussi haut.

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(source INSEE). En 2007, l’actuel chef de l’Etat promettait de réduire les prélèvements obligatoires de quatre points durant son mandat. En réalité, si les prélèvements obligatoires ont (très) légèrement baissé, ils augmentent de nouveau en 2011 pour atteindre 44,5% du PIB. De manière générale, sous le mandat de Sarkozy, le taux est resté supérieur à 42%. Se rend-on bien compte de l’importance de ce chiffre ? Sarkozy lui même l’a dit lors de son intervention télé la semaine dernière : “les français travaillent du 1er janvier au 1er juillet pour l’Etat”. Et la tendance est à la hausse : le plan de Fillon pour gagner 11 milliards d’€ ne se base que sur des hausses d’impôts.

Les taxes se multiplient, on ne les compte plus : les taxes exorbitantes sur l’essence (entre 56 et 66% du prix final) et sur les cigarettes (+80% du prix final) existaient déjà avant Sarkozy, mais n’ont été que renforcées. A côté de ça on a fait preuve de beaucoup d’inventivité pour en créer de nouvelles : taxe sur les disques durs, taxe sur les caravanes, 35€ pour introduire une action en justice, taxe sur les successions, taxe sur les sodas étendue aux boissons light, bientôt une nouvelle taxe sur les loyers, et bientôt une nouvelle autre immonde sur les mutuelles, etc etc….. Le Monde recense au moins 25 nouvelles taxes créées en 5 ans. Pour couronner le tout, au G20, Sarkozy aura tout fait pour que la taxe sur les transactions financières aboutisse. Ce turbo-neo-liberalisme est vraiment effrayant, c’est vrai…

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Et tous les méchants qui ont la drôle d’idée de trouver que payer tant d’impôts et de taxes, ça suffit, et qui osent s’évader de la prison France pourront bientôt être déchus de leur nationalité. Oui oui. Les criminels n’ont pas de soucis à se faire pour ça, les évadés fiscaux, si.

Et puis comme les impôts ne suffisent évidemment pas pour toutes les joyeuses dépenses de l’Etat, on fait appel à la dette… Là aussi, les déficits sont constants, et la dette publique n’a jamais été aussi haute ! À fin juin, la dette publique représentait 1692,7 milliards d’euros, soit 86,2% de la richesse produite par la France en un an ! Le service de la dette est devenu le 1er poste de dépense de l’Etat. Sur chaque français pèse une dette de plus de 26.000€, nouveaux nés compris. On peut bien critiquer la Grèce, mais les prochains sur la liste, après l’Italie et l’Espagne, c’est bien nous.

Bref. Je pourrais continuer cet article sur des lignes et des lignes, mais la conclusion serait la même : Sarkozy est bel et bien un socialiste, comme tout le reste de la classe politique française actuelle. On a des socialistes qui s’assument à gauche et à l’extrême gauche, et des socialistes qui ne s’assument pas à droite et même à l’extrême droite (Marine veut renforcer l’Etat stratège, instaurer un protectionnisme national, tout un beau programme socialiste…).

Vous voulez une alternative à ce tout-Etat, à ce vol organisé par des impôts et taxes exorbitants, à cette économie administrée par les grosses mains maladroites de Bercy, à ces collectivismes de toute sorte qui en plus de coûter horriblement cher ne produisent des services publics que de piètre qualité ? Il n’y en a pas.

A cet échec de la sociale démocratie qui s’effondre à petit feu, on ne vous proposera que le statut-quo par des socialistes de droite, ou alors toujours plus de socialisme par des socialistes de gauche.

Comme le dit si bien H16 (dont je recommande vivement le blog, le seul que je lis tous les jours), ce pays est foutu.

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10.18.11//13:44

Les clowns de Bercy pourront multiplier autant qu’ils veulent les cabrioles, la réalité finira par frapper. Peu importe le nouveau président, en 2012, ça va douiller.

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9.14.11//15:39

3 mythes répandus à propos du capitalisme.


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9.03.11//14:20

Crise de la dette : l’occasion de dire tout et (surtout) n’importe quoi

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Ces derniers temps, avec la crise de la dette souveraine (des Etats) qui avance lentement mais surement, on a l’occasion de se délecter avec des articles et des discours toujours plus rocambolesques les uns que les autres.

Les agences de notation sont les 1ères touchées. On ne cesse de critiquer leurs avis, leurs notes, sous prétexte qu’elles entrainent de la spéculation, qu’elles sont irresponsables, qu’elles ont trop de pouvoir et sont symboliques de la puissances “des marchés” sur les politiques. Du Front de Gauche à l’UMP en passant par Arnaud Montebourg (qui veut carrément les démanteler), la haine est unanime. Mais de quoi parle-t-on ?! Les agences de notation, “les marchés”, ont-ils obligé les Etats à s’endetter comme ils l’ont fait ? S’il y a des irresponsables dans l’histoire, ce sont bien les Etats, qui ont dépensé sans compter. Les agences de notation, voyant les dettes culminer comme jamais, ont bien raison de s’inquiéter de la capacité des Etats à les rembourser. Les Etats ne se seraient pas endetté comme ils l’ont fait, il n’y aurait pas eu de problème.

On parle du caractère “auto-réalisateur” des communiqués des agences de notation. Ahh, c’est sûr, elles donnent des avertissements, ça peut faire mal à entendre dans la république du bisounoursland où il pleut de l’argent gratuitement… Mais elles ont le mérite de prévenir avant la catastrophe. Effectivement, si elles n’étaient pas là, nos politiques seraient encore dorlotés aujourd’hui, et la crise arriverait d’un seul coup, pas d’avertissement. Elle ferait d’autant plus mal qu’on n’a rien fait pour tenter de l’empêcher.

Au contraire, les agences de notation sont bien clémentes ! Comme l’explique très bien Loïc Abadie dans son article, la note des USA devrait s’établir à CCC et celle de la France à B-, perspective négative. C’est aisément compréhensible : ces agences de notation ne prennent aucun risque à se tromper. A l’inverse, ceux qui placent leur argent dans les obligations d’Etat ont tout intérêt à ne pas se tromper. Quand ils achètent ces obligations, ils s’assurent donc avec ce qu’on appelle des CDS, qui ont des taux plus ou moins importants selon le risque pris. Si les CDS ont un taux élevé, cela veut donc dire que la dette est jugée risquée, et inversement. Or, ôôô surprise, comme le montre cet article très intéressant, les notes accordées ne sont pas du tout corrélées avec les taux des CDS ! Même pour des pays pseudo vertueux comme la France ou l’Allemagne, les CDS sont bien plus importants que ce que la note laisse croire…

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Venons en à la dette en elle même. Par ici, on entend que la principale raison pour laquelle la dette française est si importante (1646,1 milliards d’euro fin mars 2011, rappelons le) serait que la droite au pouvoir depuis 2002 aurait renoncé à 100 milliards d’euros de recette fiscales… Soit en réalité 1/16ème de la dette. Ah ouais, c’est spectaculaire. Et puis les impôts et les taxes, c’est vrai qu’il y en a pas beaucoup aujourd’hui, franchement pourquoi on en rajouterait pas ? LOL.

On entend, je cite l’article, que la dette ne résulte pas d’un excès de dépenses de l’Etat puisque celles-ci sont restées stables depuis 20 ans, en pourcentage du PIB”. Ah bon ? Pourtant ce n’est pas ce que montre clairement ce graphique. Mais bon, que voulez vous, un graphique il y a plein de chiffres et de lignes colorées bizarres, c’est pas facile à comprendre, pardonnons ce cher “André Martin”.

On entend aussi dans ce même article que la dette aurait uniquement profité aux créanciers, et servirait à la droite pour raboter les services publics… Non non. 1/ Les créanciers ne sont rémunérés qu’au juste titre du risque qu’ils prennent en investissant leur argent. 2/ Je le répète, les créanciers n’ont pas obligé l’Etat à s’endetter. 3/ La droite n’a rien fait pour réduire la place de l’Etat dans la société, bien au contraire. 4/ Elle a surtout profité à toute la société française qui, depuis des décennies, vit dans l’illusion que l’Etat peut pallier à tous ses problèmes gratuitement, de la santé à l’éducation en passant par sa retraite, alors que tous ces services ont des coûts. Elle vit dans l’illusion que les investissements publics et autres subventions stimulent l’économie, or ils ne font que créer des déséquilibres très nocifs sur le long terme.

Alors on entend que la solution à la crise de la dette serait toujours plus d’impôts. C’est ce que dit la gauche, c’est ce que fait la droite (cf le pseudo plan d’austérité de Fillon qui ne consiste qu’à créer de nouveaux impôts et taxes). Non seulement les recettes sont minimes comparées à l’ampleur de la dette, mais en plus taxer la société plus qu’elle ne l’est déjà ne fera que maintenir la France dans le marasme économique dans lequel elle est.

On entend par là que la solution serait d’abord de ne pas rembourser nos créanciers et ensuite de laisser de nouveau l’Etat emprunter à taux zéro auprès de lui même. Ne pas rembourser ce serait déclencher une crise qui ferait passer celle de 2008 pour une blague. Laisser l’Etat emprunter gratuitement auprès de lui même, qui peut sérieusement croire que ce soit un système viable ? Si l’on remettait ce système en place, l’État n’aurait jamais la moindre intention de rembourser ses dettes. Un État ne rembourse jamais ses dettes de son plein gré. Si l’État a la possibilité de demander à la banque centrale de lui prêter des billets fraîchement imprimés, il s’empressera de se servir de cette possibilité pour emprunter sans limite, ni de montant, ni de durée. Et c’est l’hyperinflation, donc la ruine des citoyens (se souvenir à titre d’exemple de l’épisode des assignats ou de la république de Weimar).

Ça pourrait marcher si nous avions des hommes politiques compétents et vertueux au sommet de l’Etat. Ce n’est pas le cas.

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00:39

Liens entre liberté économique et prospérité, en voilà une vidéo qu’elle est courte et révélatrice.


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9.01.11//23:46
"Estonian Prime Minister Mart Laar came to my office the other day to recount his country’s remarkable transformation. He described a nation of people who are harder-working, more virtuous — yes, more virtuous, because the market punishes immorality — and more hopeful about the future than they’ve ever been in their history. I asked Mr. Laar where his government got the idea for these reforms. Do you know what he replied? He said, “We read Milton Friedman and F. A. Hayek.”"

Dick Armey

Friedrich Hayek - Wikipedia, the free encyclopedia

(via pegobry)

(via pegobry)

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8.30.11//19:18
Mini-pseudo-théologie de l'"usure" et de l'économie financiarisée →

pegobry:

Réponse au billet de Pneumatis sur la crise. On en avait déjà parlé un peu sur Twitter et comme je vois qu’il en parle sur Radio Notre Dame je me dis que ça vaut le coup de poser quelques points.

J’espère que mes lecteurs me pardonneront si j’emploie parfois un vocabulaire abrupt, et qu’ils me…

Billet très intéressant sur la nécessité des taux d’intérêt parfois élevés et sur l’utilité réelle de l’économie financiarisée. Dans un monde médiatique où on n’entend tout et n’importe quoi sur les problèmes économiques liés à la dette qu’on rencontre aujourd’hui, c’est bon de replacer les choses telles qu’elles sont.

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8.28.11//20:52

Tout ce que je n’aime pas au PS résumé en une vidéo.

Je viens de tomber sur cette vidéo et je ne pouvais m’empêcher d’en faire un billet tant elle m’a fait frémir de dégout. Elle me permettra de commenter aussi quelques faits d’actualité qui me font réagir.

Déjà, par rapport au style de François Hollande : cette manière de parler des “”“”riches”“”” comme d’une catégorie de gens extérieurs, ces gens bizarres qui ont “”“”de l’argent”“”“, qui sont “peut être venus” à l’université d’été du PS, m’insupporte. On en rigole, on se fout de leur gueule, de toute façon on s’en fiche puisqu’il n’y en a pas au PS, évidemment. Le PS n’a-t-il donc pas changé depuis les débuts du socialisme ?… Toujours empêtré dans cette haine du pédonazi qui a osé avoir plus d’argent que les autres ?… C’est bien triste. François Hollande lui même l’a dit de toute façon, il n’aime pas les riches.

Allons au fond des choses maintenant. Certains “”“”riches”“”” ont demandé à être plus taxés.

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C’est un triste exemple qui montre bien à quel point la société a accepté la soumission absolue à cet Etat ici presque vu comme un dieu… "Je ne sais pas quoi faire de mon argent, tiens Etat nounou, toi qui sait si bien le dépenser, prends en moi toujours plus que tu ne m’en prends déjà". Quelle blague… Au delà du fait que même si on les taxait de tout leur revenu, les sommes resteraient ridicules par rapport au montant de la dette publique (leur aide est donc inutile), s’ils voulaient vraiment que leur argent serve à quelque chose, qu’ils investissent dans des entreprises. Qu’ils créent des emplois. Qu’ils donnent à des œuvres de charité. Qu’ils m’en donnent au pire. Pas à un Etat qui a démontré au cours des dernières décennies qu’il ne savait pas gérer son budget.

Effectivement, il n’en fallait pas plus à François Hollande pour être l’homme le plus heureux du monde. Les “”“”riches”“”” veulent être plus taxés, taxons les ! Le méchant Sarkozy n’a accepté de les taxer davantage que temporairement, nous si on arrive au pouvoir on va taxer à tour de bras, des taxes vous en voulez, des taxes vous en aurez, comptez sur nous !

Comme si la société française n’était pas déjà suffisamment taxée de tous les côtés. Encore récemment, cette stupide taxe sur les sodas et l’alcool créée d’abord dans l’optique du désendettement ! Au moins ils ont eu l’honnêteté d’avouer, même à demi mots, que niveau santé publique cela ne changera strictement rien. Et encore une fois, les montants qui vont être récoltés seront dérisoires.

Les “”“”riches”“”” sont nécessaires à l’économie. Il est bon de le rappeler. Ce sont eux qui investissent, eux qui sont le moteur de l’emploi. Les taxer toujours plus alors qu’ils le sont déjà énormément mine une source de financement de l’économie. Certes parfois ces richesses ne sont pas acquises justement… Mais c’est bien là dessus qu’il faut lutter : l’égalité des chances, et non l’égalité de fait. Les inégalités sont saines quand elles sont justes, et vertueuses pour toute la société.
Sans parler du fait que plus on les taxera, plus ils seront poussés à des comportements d’évasion fiscale… Taxer toujours plus riches est donc véritablement contre productif.

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Quand les politiques mainstream, autant de droite que de gauche, comprendront-ils que nous sommes aujourd’hui face à un mur ? Que la sociale démocratie a échoué ? Que la seule réelle solution à la crise de la dette n’est pas plus de taxes, mais moins de dépenses ?… Évidemment, il faut une qualité qu’aucun politique ne semble avoir aujourd’hui : du courage.

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7.27.11//20:03

La “règle d’or” de Sarkozy : comment a-t-il pu oser ?

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L’actualité politique du moment c’est cette règle d’or que Sarkozy tente d’imposer : inscrire dans la Constitution la nécessité pour les gouvernements de limiter les déficits publics. Cette proposition, qui paraît au premier abord aller dans le bon sens en ces temps de crises de la dette souveraine, fait débat et suscite de nombreuses oppositions. Pourquoi ?

Tout d’abord parce qu’une telle proposition venant du gouvernement qui a fait atteindre la dette publique à des niveaux records peut faire sourire. De 65% du PIB en 2007, la dette est passée à environ 85% en 2010. Dès que l’on aborde cette question avec des militants de droite, on a droit au sempiternel “ouiii mais il y a eu la crise, Sarko n’a pas eu le choix…” or en réalité, comme l’a montré la Cour des Comptes, les dépenses liées aux mesures conjoncturelles pour lutter contre la crise et la réduction des recettes liée à celle-ci ne représentent que 30% de la hausse totale des dépenses. L’argument ne tient donc pas. S’il est abusif comme le fait le PS d’imputer tout le déficit structurel à la droite qui ne fait qu’hériter d’un système en place depuis des décennies, Sarkozy n’a strictement rien fait de significatif pour réduire la dette ou au moins tendre vers l’équilibre budgétaire.

Dernièrement, une nouvelle révélation (de la Cour des Comptes encore une fois) est venue illustrer cette tendance, un peu la cerise sur le gateau : pour son nouvel avion, Sarkozy a fait installer 2 fours à 75000€ pour griller ses aliments et non pas les réchauffer. Oui oui. "Il a fait désactiver une porte de l’appareil située dans le bureau présidentiel et installé une isolation phonique et thermique ; enfin, des rideaux électriques ont été installés sur les hublots. Facture totale : 2,24 millions d’euros sans que l’Elysée cille" En ces temps de disette, c’est quand même assez malvenu.

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De plus cette règle d’or ne serait pas aussi salvatrice que la droite le laisse entendre. Comme l’explique très bien dans le détail cet article du Monde, l’exemple Allemand montre qu’il leur a été très aisé malgré cette règle d’approfondir leur déficit au fil des années. Dans le droit normatif, les règles d’endettement de la zone euro ont une valeur plus forte que la Constitution, ce qui n’a pas empêché la France de s’en affranchir.

Enfin le texte s’il est voté ne sera appliqué qu’à la majorité issue des élections de 2012, comme c’est pratique…

Sarkozy sait pertinemment qu’il n’obtiendra pas les 3/5ème des voix du Congrès (Assemblée Nationale et Sénat réunis) pour inscrire sa règle d’or dans la Constitution. Il ne s’agit que d’un stratagème pour mettre le PS dos au mur : faire passer la responsabilité de son échec à la gauche. Une sorte d’opération de communication, en somme.

Ainsi, si le texte va dans la bonne direction, la réduction des déficits publics étant une nécessité absolue, il est à la fois inefficace (s’il était voté) et partie prenante d’un stratagème pathétique de la droite pour regagner le cœur des électeurs d’ici 2012. S’il veut réellement réduire le déficit, Sarkozy pendant ce qui lui reste de mandat devrait s’atteler plutôt à des mesures concrètes et fortes de réduction de la place de l’État dans la société et l’économie (côté dépenses) tout en réformant notre système fiscal (côté recettes), et il y a de quoi faire.

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