Les clowns de Bercy pourront multiplier autant qu’ils veulent les cabrioles, la réalité finira par frapper. Peu importe le nouveau président, en 2012, ça va douiller.
3 mythes répandus à propos du capitalisme.
Crise de la dette : l’occasion de dire tout et (surtout) n’importe quoi

Ces derniers temps, avec la crise de la dette souveraine (des Etats) qui avance lentement mais surement, on a l’occasion de se délecter avec des articles et des discours toujours plus rocambolesques les uns que les autres.
Les agences de notation sont les 1ères touchées. On ne cesse de critiquer leurs avis, leurs notes, sous prétexte qu’elles entrainent de la spéculation, qu’elles sont irresponsables, qu’elles ont trop de pouvoir et sont symboliques de la puissances “des marchés” sur les politiques. Du Front de Gauche à l’UMP en passant par Arnaud Montebourg (qui veut carrément les démanteler), la haine est unanime. Mais de quoi parle-t-on ?! Les agences de notation, “les marchés”, ont-ils obligé les Etats à s’endetter comme ils l’ont fait ? S’il y a des irresponsables dans l’histoire, ce sont bien les Etats, qui ont dépensé sans compter. Les agences de notation, voyant les dettes culminer comme jamais, ont bien raison de s’inquiéter de la capacité des Etats à les rembourser. Les Etats ne se seraient pas endetté comme ils l’ont fait, il n’y aurait pas eu de problème.
On parle du caractère “auto-réalisateur” des communiqués des agences de notation. Ahh, c’est sûr, elles donnent des avertissements, ça peut faire mal à entendre dans la république du bisounoursland où il pleut de l’argent gratuitement… Mais elles ont le mérite de prévenir avant la catastrophe. Effectivement, si elles n’étaient pas là, nos politiques seraient encore dorlotés aujourd’hui, et la crise arriverait d’un seul coup, pas d’avertissement. Elle ferait d’autant plus mal qu’on n’a rien fait pour tenter de l’empêcher.
Au contraire, les agences de notation sont bien clémentes ! Comme l’explique très bien Loïc Abadie dans son article, la note des USA devrait s’établir à CCC et celle de la France à B-, perspective négative. C’est aisément compréhensible : ces agences de notation ne prennent aucun risque à se tromper. A l’inverse, ceux qui placent leur argent dans les obligations d’Etat ont tout intérêt à ne pas se tromper. Quand ils achètent ces obligations, ils s’assurent donc avec ce qu’on appelle des CDS, qui ont des taux plus ou moins importants selon le risque pris. Si les CDS ont un taux élevé, cela veut donc dire que la dette est jugée risquée, et inversement. Or, ôôô surprise, comme le montre cet article très intéressant, les notes accordées ne sont pas du tout corrélées avec les taux des CDS ! Même pour des pays pseudo vertueux comme la France ou l’Allemagne, les CDS sont bien plus importants que ce que la note laisse croire…

Venons en à la dette en elle même. Par ici, on entend que la principale raison pour laquelle la dette française est si importante (1646,1 milliards d’euro fin mars 2011, rappelons le) serait que la droite au pouvoir depuis 2002 aurait renoncé à 100 milliards d’euros de recette fiscales… Soit en réalité 1/16ème de la dette. Ah ouais, c’est spectaculaire. Et puis les impôts et les taxes, c’est vrai qu’il y en a pas beaucoup aujourd’hui, franchement pourquoi on en rajouterait pas ? LOL.
On entend, je cite l’article, que la dette “ne résulte pas d’un excès de dépenses de l’Etat puisque celles-ci sont restées stables depuis 20 ans, en pourcentage du PIB”. Ah bon ? Pourtant ce n’est pas ce que montre clairement ce graphique. Mais bon, que voulez vous, un graphique il y a plein de chiffres et de lignes colorées bizarres, c’est pas facile à comprendre, pardonnons ce cher “André Martin”.
On entend aussi dans ce même article que la dette aurait uniquement profité aux créanciers, et servirait à la droite pour raboter les services publics… Non non. 1/ Les créanciers ne sont rémunérés qu’au juste titre du risque qu’ils prennent en investissant leur argent. 2/ Je le répète, les créanciers n’ont pas obligé l’Etat à s’endetter. 3/ La droite n’a rien fait pour réduire la place de l’Etat dans la société, bien au contraire. 4/ Elle a surtout profité à toute la société française qui, depuis des décennies, vit dans l’illusion que l’Etat peut pallier à tous ses problèmes gratuitement, de la santé à l’éducation en passant par sa retraite, alors que tous ces services ont des coûts. Elle vit dans l’illusion que les investissements publics et autres subventions stimulent l’économie, or ils ne font que créer des déséquilibres très nocifs sur le long terme.
Alors on entend que la solution à la crise de la dette serait toujours plus d’impôts. C’est ce que dit la gauche, c’est ce que fait la droite (cf le pseudo plan d’austérité de Fillon qui ne consiste qu’à créer de nouveaux impôts et taxes). Non seulement les recettes sont minimes comparées à l’ampleur de la dette, mais en plus taxer la société plus qu’elle ne l’est déjà ne fera que maintenir la France dans le marasme économique dans lequel elle est.
On entend par là que la solution serait d’abord de ne pas rembourser nos créanciers et ensuite de laisser de nouveau l’Etat emprunter à taux zéro auprès de lui même. Ne pas rembourser ce serait déclencher une crise qui ferait passer celle de 2008 pour une blague. Laisser l’Etat emprunter gratuitement auprès de lui même, qui peut sérieusement croire que ce soit un système viable ? Si l’on remettait ce système en place, l’État n’aurait jamais la moindre intention de rembourser ses dettes. Un État ne rembourse jamais ses dettes de son plein gré. Si l’État a la possibilité de demander à la banque centrale de lui prêter des billets fraîchement imprimés, il s’empressera de se servir de cette possibilité pour emprunter sans limite, ni de montant, ni de durée. Et c’est l’hyperinflation, donc la ruine des citoyens (se souvenir à titre d’exemple de l’épisode des assignats ou de la république de Weimar).
Ça pourrait marcher si nous avions des hommes politiques compétents et vertueux au sommet de l’Etat. Ce n’est pas le cas.

Liens entre liberté économique et prospérité, en voilà une vidéo qu’elle est courte et révélatrice.
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Dick Armey
Friedrich Hayek - Wikipedia, the free encyclopedia
(via pegobry)
(via pegobry)
Réponse au billet de Pneumatis sur la crise. On en avait déjà parlé un peu sur Twitter et comme je vois qu’il en parle sur Radio Notre Dame je me dis que ça vaut le coup de poser quelques points.
J’espère que mes lecteurs me pardonneront si j’emploie parfois un vocabulaire abrupt, et qu’ils me…
Billet très intéressant sur la nécessité des taux d’intérêt parfois élevés et sur l’utilité réelle de l’économie financiarisée. Dans un monde médiatique où on n’entend tout et n’importe quoi sur les problèmes économiques liés à la dette qu’on rencontre aujourd’hui, c’est bon de replacer les choses telles qu’elles sont.
Tout ce que je n’aime pas au PS résumé en une vidéo.
Je viens de tomber sur cette vidéo et je ne pouvais m’empêcher d’en faire un billet tant elle m’a fait frémir de dégout. Elle me permettra de commenter aussi quelques faits d’actualité qui me font réagir.
Déjà, par rapport au style de François Hollande : cette manière de parler des “”“”riches”“”” comme d’une catégorie de gens extérieurs, ces gens bizarres qui ont “”“”de l’argent”“”“, qui sont “peut être venus” à l’université d’été du PS, m’insupporte. On en rigole, on se fout de leur gueule, de toute façon on s’en fiche puisqu’il n’y en a pas au PS, évidemment. Le PS n’a-t-il donc pas changé depuis les débuts du socialisme ?… Toujours empêtré dans cette haine du pédonazi qui a osé avoir plus d’argent que les autres ?… C’est bien triste. François Hollande lui même l’a dit de toute façon, il n’aime pas les riches.
Allons au fond des choses maintenant. Certains “”“”riches”“”” ont demandé à être plus taxés.

C’est un triste exemple qui montre bien à quel point la société a accepté la soumission absolue à cet Etat ici presque vu comme un dieu… “Je ne sais pas quoi faire de mon argent, tiens Etat nounou, toi qui sait si bien le dépenser, prends en moi toujours plus que tu ne m’en prends déjà”. Quelle blague… Au delà du fait que même si on les taxait de tout leur revenu, les sommes resteraient ridicules par rapport au montant de la dette publique (leur aide est donc inutile), s’ils voulaient vraiment que leur argent serve à quelque chose, qu’ils investissent dans des entreprises. Qu’ils créent des emplois. Qu’ils donnent à des œuvres de charité. Qu’ils m’en donnent au pire. Pas à un Etat qui a démontré au cours des dernières décennies qu’il ne savait pas gérer son budget.
Effectivement, il n’en fallait pas plus à François Hollande pour être l’homme le plus heureux du monde. Les “”“”riches”“”” veulent être plus taxés, taxons les ! Le méchant Sarkozy n’a accepté de les taxer davantage que temporairement, nous si on arrive au pouvoir on va taxer à tour de bras, des taxes vous en voulez, des taxes vous en aurez, comptez sur nous !
… Comme si la société française n’était pas déjà suffisamment taxée de tous les côtés. Encore récemment, cette stupide taxe sur les sodas et l’alcool créée d’abord dans l’optique du désendettement ! Au moins ils ont eu l’honnêteté d’avouer, même à demi mots, que niveau santé publique cela ne changera strictement rien. Et encore une fois, les montants qui vont être récoltés seront dérisoires.
Les “”“”riches”“”” sont nécessaires à l’économie. Il est bon de le rappeler. Ce sont eux qui investissent, eux qui sont le moteur de l’emploi. Les taxer toujours plus alors qu’ils le sont déjà énormément mine une source de financement de l’économie. Certes parfois ces richesses ne sont pas acquises justement… Mais c’est bien là dessus qu’il faut lutter : l’égalité des chances, et non l’égalité de fait. Les inégalités sont saines quand elles sont justes, et vertueuses pour toute la société.
Sans parler du fait que plus on les taxera, plus ils seront poussés à des comportements d’évasion fiscale… Taxer toujours plus riches est donc véritablement contre productif.

Quand les politiques mainstream, autant de droite que de gauche, comprendront-ils que nous sommes aujourd’hui face à un mur ? Que la sociale démocratie a échoué ? Que la seule réelle solution à la crise de la dette n’est pas plus de taxes, mais moins de dépenses ?… Évidemment, il faut une qualité qu’aucun politique ne semble avoir aujourd’hui : du courage.
TweetLa “règle d’or” de Sarkozy : comment a-t-il pu oser ?

L’actualité politique du moment c’est cette règle d’or que Sarkozy tente d’imposer : inscrire dans la Constitution la nécessité pour les gouvernements de limiter les déficits publics. Cette proposition, qui paraît au premier abord aller dans le bon sens en ces temps de crises de la dette souveraine, fait débat et suscite de nombreuses oppositions. Pourquoi ?
Tout d’abord parce qu’une telle proposition venant du gouvernement qui a fait atteindre la dette publique à des niveaux records peut faire sourire. De 65% du PIB en 2007, la dette est passée à environ 85% en 2010. Dès que l’on aborde cette question avec des militants de droite, on a droit au sempiternel “ouiii mais il y a eu la crise, Sarko n’a pas eu le choix…” or en réalité, comme l’a montré la Cour des Comptes, les dépenses liées aux mesures conjoncturelles pour lutter contre la crise et la réduction des recettes liée à celle-ci ne représentent que 30% de la hausse totale des dépenses. L’argument ne tient donc pas. S’il est abusif comme le fait le PS d’imputer tout le déficit structurel à la droite qui ne fait qu’hériter d’un système en place depuis des décennies, Sarkozy n’a strictement rien fait de significatif pour réduire la dette ou au moins tendre vers l’équilibre budgétaire.
Dernièrement, une nouvelle révélation (de la Cour des Comptes encore une fois) est venue illustrer cette tendance, un peu la cerise sur le gateau : pour son nouvel avion, Sarkozy a fait installer 2 fours à 75000€ pour griller ses aliments et non pas les réchauffer. Oui oui. “Il a fait désactiver une porte de l’appareil située dans le bureau présidentiel et installé une isolation phonique et thermique ; enfin, des rideaux électriques ont été installés sur les hublots. Facture totale : 2,24 millions d’euros sans que l’Elysée cille” En ces temps de disette, c’est quand même assez malvenu.

De plus cette règle d’or ne serait pas aussi salvatrice que la droite le laisse entendre. Comme l’explique très bien dans le détail cet article du Monde, l’exemple Allemand montre qu’il leur a été très aisé malgré cette règle d’approfondir leur déficit au fil des années. Dans le droit normatif, les règles d’endettement de la zone euro ont une valeur plus forte que la Constitution, ce qui n’a pas empêché la France de s’en affranchir.
Enfin le texte s’il est voté ne sera appliqué qu’à la majorité issue des élections de 2012, comme c’est pratique…
Sarkozy sait pertinemment qu’il n’obtiendra pas les 3/5ème des voix du Congrès (Assemblée Nationale et Sénat réunis) pour inscrire sa règle d’or dans la Constitution. Il ne s’agit que d’un stratagème pour mettre le PS dos au mur : faire passer la responsabilité de son échec à la gauche. Une sorte d’opération de communication, en somme.
Ainsi, si le texte va dans la bonne direction, la réduction des déficits publics étant une nécessité absolue, il est à la fois inefficace (s’il était voté) et partie prenante d’un stratagème pathétique de la droite pour regagner le cœur des électeurs d’ici 2012. S’il veut réellement réduire le déficit, Sarkozy pendant ce qui lui reste de mandat devrait s’atteler plutôt à des mesures concrètes et fortes de réduction de la place de l’État dans la société et l’économie (côté dépenses) tout en réformant notre système fiscal (côté recettes), et il y a de quoi faire.
Tweet(cliquez sur le titre). Constat très lucide des problèmes économiques et politiques auxquels fait face la zone euro. L’article propose des solutions envisageables tout en n’allant pas plus pour l’une ou pour l’autre, et en ce sens il est excellent car il permet de se forger son propre avis. Dans tous les cas envisagés le constat est assez pessimiste, et à terme il faudra que les choses bougent, au risque d’une implosion.

